Un certificat d’immatriculation raturé au mauvais endroit peut entraîner l’annulation d’une vente ou l’immobilisation du véhicule. La moindre erreur sur la date, l’absence de mention ou une signature oubliée sont régulièrement à l’origine de refus par l’administration. Les compagnies d’assurance exigent aussi une conformité stricte lors de la transmission du document.Chaque étape de cette formalité répond à des exigences précises, souvent méconnues ou négligées. Ces obligations conditionnent la validité de la transaction et la protection juridique des deux parties.
À quoi sert réellement le barrage de la carte grise ?
Le barrage de la carte grise n’est pas qu’une formalité expédiée à la va-vite. Il s’agit d’un acte officiel, qui marque la séparation nette entre l’ancien propriétaire et le véhicule. Cette diagonale, tracée au stylo sur le certificat d’immatriculation, signifie bien plus qu’une simple rature : elle officialise la fin du lien entre le vendeur et la voiture. Lors d’une vente ou d’une cession de véhicule, impossible de faire l’impasse sur cette étape réglementaire.
Le jour du transfert, le vendeur procède en plusieurs temps. D’abord, il trace une ligne diagonale sur la carte grise. Ensuite, il note au stylo la mention « vendu le » ou « cédé le », suivie de la date et l’heure exactes du transfert. Pour finir, il signe à la main ce document devenu la preuve irréfutable de la cession. Cette carte grise barrée protège l’ancien propriétaire en cas d’infraction postérieure à la vente, et permet au nouveau propriétaire de circuler légalement durant la période de changement d’immatriculation.
Barrer la carte grise, c’est rompre officiellement toute responsabilité entre le vendeur et le véhicule. Sans cette formalité, le dossier ne peut pas être validé par l’Agence Nationale des Titres Sécurisés (ANTS), et la transaction reste juridiquement inachevée.
En cas de litige, la carte grise barrée fait figure de pièce maîtresse. Elle prouve le transfert, protège les deux parties et trace une limite nette dans la prise de responsabilité. Ce n’est donc pas un détail : savoir comment barrer une carte grise peut éviter bien des déconvenues.
Les étapes incontournables pour barrer une carte grise sans se tromper
La rigueur s’impose ici. Le certificat d’immatriculation doit être complet et à jour. Pour les véhicules de plus de quatre ans, un contrôle technique récent est requis. Pas question de bâcler l’opération.
Munissez-vous d’un stylo à encre indélébile. Ni crayon, ni feutre effaçable : le geste doit être net. Tracez une ligne diagonale bien visible, d’un coin à l’autre de la carte grise. Juste au-dessus ou à côté, inscrivez « vendu le » ou « cédé le », en ajoutant la date et l’heure précises du transfert. Ce détail détermine la prise d’effet de la cession et protège en cas de contestation ou d’amende reçue après.
Puis, signez à proximité de la mention. Ce trio, mention, date et signature, transforme la carte grise barrée en document officiel à remettre au nouveau propriétaire. Cette étape permet à l’acheteur d’effectuer le changement de titulaire auprès de l’ANTS.
En parallèle, le certificat de cession Cerfa n°15776*02 doit être soigneusement rempli en deux exemplaires, un pour chaque partie. Ce document accompagne la carte grise barrée et s’avère indispensable pour la validation par l’ANTS. Le moindre oubli peut entraîner des blocages administratifs parfois longs à résoudre.
Quels pièges éviter lors de la procédure ?
La carte grise barrée exige une attention minutieuse. Première erreur fréquente : une mention manuscrite raturée, illisible ou incomplète. Les date et heure doivent correspondre à celles saisies lors de la déclaration en ligne. Un simple décalage, et l’ANTS peut refuser l’enregistrement.
Deuxième piège : omettre la signature. Sans elle, la responsabilité du véhicule ne bascule pas et l’ancien propriétaire continue d’y être rattaché. Il faut donc barrer la carte grise uniquement au moment effectif de la transaction, jamais avant.
Certains tentent de fournir un duplicata de carte grise au lieu de l’original. Ce n’est pas recevable lors d’une cession : seule la carte grise originale, barrée et signée, a valeur légale. Le duplicata n’est utilisé qu’en cas de perte ou de vol.
Il est aussi impératif de vérifier, avant la vente, que le véhicule n’est pas soumis à un certificat de gage. Toute opposition bloque la mutation de la carte grise. Tant que la situation n’est pas régularisée, l’ANTS refusera d’enregistrer la transaction.
Quant à l’intervention d’un notaire, elle n’est requise qu’en cas de succession. Pour une vente classique, une carte grise barrée correctement remplie suffit amplement à sécuriser la cession.
Conséquences sur l’assurance et la vente : ce que vous devez savoir
Un barrage correctement effectué sur la carte grise garantit la sécurité juridique tant pour le vendeur que pour l’acheteur. Dès la vente du véhicule, l’ancien propriétaire reste responsable jusqu’à l’enregistrement officiel du changement de titulaire. La carte grise barrée associée au certificat de cession forme le duo de documents à produire face à l’assurance.
Le vendeur doit avertir son assureur dès la vente conclue, pour clôturer le contrat lié au véhicule. Si un incident survient après la transaction, seule la preuve de cession enregistrée protège l’ancien propriétaire. Sans cette preuve, l’assureur peut refuser toute prise en charge ou imputer la responsabilité à celui-ci.
Pour l’acheteur, circuler avec une carte grise barrée sans avoir entamé les démarches administratives expose à des risques : défaut d’assurance, immobilisation du véhicule lors d’un contrôle. Toutefois, ce document, avec la bonne date et la signature, reste le seul justificatif de propriété jusqu’à l’obtention du nouveau certificat.
Quelques précautions permettent d’éviter les litiges ultérieurs :
- Gardez une copie des documents de cession et de la carte grise barrée pour anticiper toute contestation.
- L’assureur et l’administration pourront en exiger la présentation si un contentieux surgit.
En définitive, rien n’est plus protecteur qu’un dossier bien constitué. Ce qui se joue sur un simple document, c’est la sérénité future, sur la route comme dans les échanges avec l’administration. Impossible de négliger la rigueur : tout se joue ici.


